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Les photos parues dans la Lettre du lundi du 31 juillet m’ont replongé dans le temps de notre pèlerinage à Lourdes. Ce fut une période de notre vie donnée par Dieu pour vivre au rythme du ciel, c’est-à-dire au rythme de la communion avec lui, les uns avec les autres, le rythme du coeur qui bat pour les autres.

Pour les croyants et les incroyants, pour les dévots de Notre Dame comme pour ceux qui peinent à croire aux apparitions, Lourdes est un lieu unique et même indéfinissable. En apparaissant à Bernadette, Marie a offert au monde un endroit privilégié pour rencontrer l’amour divin qui guérit et qui sauve.

Durant notre séjour auprès de la grotte de Massabielle, nous étions invités à bâtir une chapelle. Une pèlerine de l’Hospitalité me confessait alors son scepticisme quant à un tel projet : « À quoi bon bâtir une chapelle sachant que trop souvent il en résulte un esprit de chapelle ! Et vous en conviendrez… Ce sont les esprits de chapelle qui fichent tout en l’air.» Je ne pouvais qu’acquiescer à l’expression de son bon sens. En effet, il n’y a rien de plus détestable qu’un esprit de clocher, un esprit de chapelle ! L’étroitesse de vues s’oppose au projet de Dieu qui embrasse dans un même élan toute l’humanité dont il est le père.

À Lourdes, la chapelle n’a ni mur ni vitraux ! Elle s’identifie tant avec le sanctuaire qu’avec la cité tout entière. Elle est une réalité dont les fondements sont l’apparition de l’Immaculée Conception à Bernadette et l’appel au bonheur !

NDV187 p02 Archives constructionBIS Copier 

@Sanctuaire ND de Lourdes

« Pour moi, Lourdes, ce n’est que du bonheur » me répéta un membre de l’Hospitalité au service des malades. Et Dieu sait que je le comprends. Marie elle-même y a trouvé son bonheur en rencontrant Bernadette. Marie a éprouvé ce même bonheur en nous voyant à la Grotte, dans les différentes chapelles où nous célébrions l’eucharistie tout comme à l’Accueil Notre-Dame.

Mais de quelle nature est ce bonheur ? Il naît de l’attention mutuelle et de la conscience d’avoir du prix aux yeux de Dieu. Dieu nous a tant aimés qu'il s'est donné lui-même pour nous. À chaque fois que nous tracions sur nous le signe de la Croix, nous nous rappelions cette vérité.

Mais le signe de croix nous rappelle aussi qu'il n'existe pas de véritable amour sans souffrance, il n'y a pas de don de la vie sans douleur. De nombreuses personnes apprennent cette vérité à Lourdes, qui est une école de foi et d'espérance, car elle est aussi une école de charité et de service aux frères.

C'est dans ce contexte de foi que se sont gravées les fatigues des organisateurs et des serviteurs, mais aussi la souffrance de nos aînés qui se sentent diminués et acceptent l’aide des hospitaliers et hospitalières. J’ose espérer que très rapidement, une fois chez eux, ils aient pu reconstituer une part de leurs forces.

J’ai été ému d’entendre de la bouche d’une de nos aînées qu’elle voulait que son coeur reste accroché au rocher de Massabielle, allant jusqu’à dire que probablement c’était son dernier pèlerinage à Lourdes et d’ajouter « à la grâce de Dieu ». Elle me rappelait Bernadette pour qui la grotte était son ciel. Et pourtant, elle dut la quitter… mais elle y restait. Dans une lettre de juillet 1866 aux soeurs de l’hospice de Lourdes, alors qu’elle était déjà à Nevers, elle écrivait : « Je vous prie, mes bien chères soeurs, de vouloir être assez bonnes pour offrir quelques prières, surtout quand vous irez à la Grotte. C’est là que vous me trouverez en esprit, attachée au pied du rocher que j’aime tant. »

Cette Grotte, Bernadette y était attachée mais elle ne l’aimait pas plus qu’il ne faut. Elle n’était pas son Dieu. Pour réaliser la volonté de Dieu, elle s’en détacha comme nous… préférant la volonté de Dieu à tout… et disant un autre jour : « Lourdes n’est pas le ciel. »

Personnellement, je peine à me détacher de ce rocher à chaque fois que je dis au revoir à la Vierge. On n’y est que de passage comme on l’est sur cette terre. Un jour nous la quitterons et nous verrons Marie, et près d’elle tous ceux que nous aimons. Nous y contemplerons aussi l’univers que nous aurons tenté d’achever par le travail de nos mains.

À Lourdes, la Sainte Vierge invite chacun à considérer la terre comme le lieu de notre pèlerinage vers la patrie définitive, qui est le Ciel. En réalité nous sommes tous pèlerins, nous avons tous besoin de la Mère qui nous guide ; et à Lourdes, son sourire nous invite à aller de l'avant avec une grande confiance dans la conscience que Dieu est bon, que Dieu est amour. Et cette conscience est éclairée par la bonté de nos compagnons d’éternité qui nous font du bien lorsque nous les rencontrons.

Que tous ceux qui ont contribué à faire de l’édition Lourdes 2023 un pèlerinage heureux soient bénis par notre Maître et Seigneur. Je le lui demande avec insistance, uni à vous et bien entendu, à Marie, notre bonne Mère.


Patrick Koehler, aumônier

 

(article paru dans Notre Dame de la Voie n° 187 de septembre 2023)

 

 

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