Ce voyage mythique aux origines de la chrétienté dont nous entendions parler souvent, soit au retour de voyageurs, soit dans des publicités, nous semblait impossible à réaliser. Les peurs du voyage lointain, de la guerre, de l'inconnu… nous faisaient penser que ce ne serait pas pour nous.

Nous avons commencé par des destinations plus proches. Sur les pas de Sainte Thérèse d'Avila en Espagne, sur les pas de Saint Paul à Malte, nous ont permis d'apprécier le pèlerinage et les accompagnants et, peu à peu, l'idée du voyage en Terre Sainte s'est imposée à nous.

Nous nous sommes inscrits dans le journal « Le Pèlerin » pour un voyage avec le père Jacques Nieuviarts : « De Moïse à Jésus ».

Nous sommes donc partis pendant dix jours, voyage compris. Ce fut fatigant par les horaires (réveil à 6h) imposés par le guide pour éviter les attentes, mais riche et émouvant en évoquant la vie de la Sainte Famille et des apôtres sur les lieux mêmes où ils ont vécu, et en marchant dans leurs pas, comme à Bethléem ou Nazareth... Que de moments sublimes à Pétra, en Jordanie, début de notre voyage, puis au Jourdain, au Mont des Béatitudes et à Jérusalem, ville qui à elle seule mérite le voyage !

 

NDV177 p16 photo Petra  NDV177 p16 photo St Sepulcre

(photos personnelles)

 

Ce fut aussi parfois frustrant de ne pas pouvoir nous arrêter plus longtemps dans des lieux qui auraient mérité un plus long recueillement, même si notre accompagnateur, bibliste et conteur, nous mettait bien dans l'ambiance du temps du Christ.

Et maintenant, lors de la lecture de la Parole où sont nommés de nombreux lieux, il suffit de fermer les yeux pour se retrouver à Nazareth ou au bord du lac…

Oui, c'est un voyage à faire dans sa vie de chrétien !

 

Pierre et Yvonne - Hospitaliers de Vendée

 

 

Tous les ans, à la fin de l'été, nous marchons, Patrick et moi, sur un chemin de pèlerinage. En septembre dernier, comme nous ne pouvions plus continuer le chemin d'Assise à cause des dénivelés trop importants à partir de Chambéry, nous avons marché de Pontmain au Mont-Saint-Michel.

Notre amie Martine nous a accompagnés pour la première étape où chacun de nous a déposé auprès de Marie ce qui était trop lourd à porter : rupture familiale, maladie d'un proche, nouveaux engagements.

Nous voilà partis le cœur léger et attentifs aux clins d'œil de la Providence : salut de toutes les personnes rencontrées en chemin, beauté des paysages d'automne, cuisine préparée avec amour par notre hôtesse à Saint-James, abri providentiel ou table accueillante au moment du pique-nique, et même une fine bruine qui nous évite de souffrir de la chaleur.

Dès Vergoncey, à 14 km du Mont-Saint-Michel, celui-ci nous fait signe en émergeant soudain, comme un mirage, juste pour nous rappeler qu'il est bien là.

Nous le découvrons à marée basse, au milieu de plusieurs groupes de jeunes très joyeux et d'une foule impressionnante venue de tous horizons.

Comme tous les pèlerins, nous logeons à la "Maison des étoiles", avec une vue imprenable sur l'abbatiale ou sur la baie.

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(photo personnelle)

 

À la nuit tombée, la pleine lune brille sur la baie et le Mont déjà bien éclairé. C'est superbe ! Le lever du soleil, magnifique, salué par une nuée d'oiseaux enthousiastes, nous laisse contemplatifs.

Nous terminons notre pèlerinage par l'office de la Croix Glorieuse, chanté par les Fraternités monastiques de Jérusalem, puis la messe où les textes nous entraînent à garder les yeux fixés sur la Croix du Christ. "En Lui, nous avons le salut, la vie et la résurrection ; par Lui, nous sommes sauvés et délivrés." (Ga VI, 14.) Nous repartons émerveillés et confiants en l'amour infini de Dieu.

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(photo personnelle)

 

Sylvie - Hospitalière de Paris

 

 

En septembre 2015, Marlène et moi avons effectué les derniers 200 kilomètres du chemin de Compostelle, de l’Abbaye de Samos à Saint-Jacques : un chemin inoubliable, pas de tout repos, mais à notre portée ! Arrivées à Compostelle, il nous fallait maintenant vivre le début du chemin !

En 2017, nous sommes donc parties du Puy en Velay pour Conques… après la messe à la cathédrale, une bénédiction et l’envoi sur les routes ! À froid, les premiers mètres furent rudes car la montée dure une heure et demie, mais quelle récompense que ces superbes paysages de la Haute Loire !

Nos 10 jours de marche ont été ponctués par le froid, les chemins glissants, la fatigue, le découragement sous une pluie qui pouvait durer 5 heures sans discontinuer... mais que de merveilleux endroits à admirer : l’Aubrac, la Vallée du Lot, l’Aveyron...

MTalen et Marlene

Et que de belles rencontres !

 

  • Notre rencontre avec le Père Robert Dufour, lors de 2 eucharisties qu’il a présidées. À Aumont d’Aubrac, il a prêché sur le thème de la Croix glorieuse : il a témoigné de ses années passées au Pérou ; les Péruviens vivaient cette Croix glorieuse, dans la pauvreté, mais également dans l’espérance et la joie au jour le jour ! À Nasbinals, il a fait une méditation sur Notre Dame des Douleurs : il a évoqué les pleurs de Notre Dame de La Salette qui nous dit qu’elle est triste à cause de nos manques d’amour, mais qui ne fait pas que des reproches, et nous dit de regarder la croix illuminée sur sa poitrine pour aller vers Jésus avec elle. Les 2 thèmes correspondaient aux thèmes du jour !
  • La rencontre de 2 Canadiennes venues faire le deuil de leurs parents : l’une était médecin, l’autre avocate. Elles ont pris du temps pour venir déposer leur peine sur les routes de Compostelle.
  • La rencontre d’une autre canadienne, victime d’une agression dont elle n’avait aucun souvenir, et qui est venue rendre grâce car elle est vivante !
  • La rencontre d’un monsieur venu se protéger contre sa propre violence : victime d’une injustice, il avait des envies d’en découdre… ce chemin l’a apaisé !
  • La rencontre de 2 Nîmois, gardiens de prison tout juste retraités : ils cherchaient à prendre du recul pour commencer une autre vie !
  • La rencontre d’un jeune venu chercher des forces pour prendre une nouvelle direction…
  • La rencontre de 3 « anges » : des personnes qui nous ont remises sur le bon chemin quand nous étions 2 brebis égarées sous la pluie qui nous empêchait de bien voir les indications du chemin.

 

Il y a eu d’autres rencontres encore ! Des rencontres faciles car nous parlions la même langue, alors qu’en Espagne en 2015, nous ne savions jamais en quelle langue nous devions aborder les personnes rencontrées !

 

Maria Talen - hospitalière de Sète (Région Méditerranée)