Chers amis,
Dans le train entre Colmar et Paris, j’ai eu droit à une petite messe du malheur moderne. En face de moi, un couple officiait avec zèle : journal ouvert comme un missel, téléphone brandi comme une relique, ils communiaient aux nouvelles les plus faisandées. Crimes, scandales, adultères de notables : chaque information semblait leur procurer cette joie discrète de ceux qui se rassurent en constatant que l’humanité tombe plus bas qu’eux. Les réseaux sociaux fournissaient l’encens, la presse à sensation chantait les cantiques, et mes voisins repartaient nourris, presque édifiés, par ce buffet d’indignations prêtes à consommer.
Cette scène n’a rien d’anecdotique. Les démagogues de tous les temps ont compris qu’il fallait créer des boucs émissaires, les charger de tous les péchés du monde, puis faire mine de livrer contre eux un combat hautement méritoire. [...]
Celui qui veut monter dans le train « Église » ne peut pourtant faire l’économie d’un billet portant cette mention: « Je regrette d’avoir savouré les ragots et les médisances. » Il faut encore que le coeur prononce avec sincérité ces paroles : « Seigneur, je crois en toi. » [...]
Mais pour voyager dans le train « Église », il faut aussi de l’énergie. Sans elle, aucun trafic n’est possible, ni sur les voies ferrées ni dans nos lieux de vie. Dans mon enfance, j’ai connu une maison qui s’autoalimentait grâce à une petite centrale électrique installée sur le même terrain : l’eau actionnait une turbine, et cette énergie faisait vivre toute la maison.
L’énergie requise pour le train « Église » n’est autre que l’Esprit Saint. C’est lui qui anime tout : la construction des voies, l’organisation du trafic, les aiguillages, les moteurs, les barrières, le chauffage, les phares et même le spot au-dessus de ma place dans le compartiment. Derrière tout ce qui bouge, entraîne, dirige, conduit, protège et
éclaire, c’est l’Esprit de Dieu qui agit. Cette énergie est omniprésente. Dieu nous l’offre en la puisant à la centrale de son amour infini, qui déferle sur toute la création.
Une seule chose importe de notre côté : que l’arc de notre âme touche la caténaire où circule le courant divin. J’ai toujours aimé voir le pantographe d’une motrice se lever doucement jusqu’au moment où, soudain, l’étincelle jaillit et gonfle tous les circuits d’une force concentrée. Redressons l’arc de notre âme dans la prière : l’étincelle de l’énergie divine jaillira, comme le Seigneur l’a promis.
De retour de notre pèlerinage, je demeure dans l’action de grâces ! Dieu a fait des merveilles dans le coeur de tous les participants au pèlerinage des cheminots. Ce qui demeurait, une fois que j’étais arrivé sur le quai de la gare de Lourdes, c’était la joie de l’expérience humaine et spirituelle vécue au milieu de vous. Et cette même joie
demeure encore présente dans mon coeur de prêtre au moment où je vous écris et vous salue depuis mon bureau.
Sans arrêt, des trains prennent le départ de Lourdes à destination des détresses cachées de chez nous, ces détresses qui affligent ceux que vous rencontrez et qui sont durement éprouvés ou laissés pour compte. Dans cet océan de difficultés, votre générosité et disponibilité demeurent intactes. Certes, le réseau ecclésial d’entraide ne saurait couvrir tous les besoins. L’important est qu’un esprit authentiquement fraternel, celui qui planait sur notre pèlerinage, préside à nos initiatives et que le coeur et le bon sens se donnent la main, chez nous, sur nos lieux de vie.
Sur le quai de l’entraide où nous nous retrouvions durant notre pèlerinage, les retards étaient moins nombreux que sur bien d’autres voies. Ce qui s’est passé à l'Accueil Notre-Dame, gare caritative, pourrait servir d’exemple à bien des communautés humaines. J’ai admiré le dévouement des hospitaliers, la disponibilité des jeunes, la réactivité des responsables mais aussi la coopération des malades et des personnes en situation de fragilité. Reconnaissons que le concours des hospitaliers expérimentés a lui aussi compté dans notre pèlerinage d’espérance.
[...] En regardant les quais et les voies dont l’Hospitalité Notre Dame de la Voie avait la charge à Massabielle, j’ai le sentiment que le soleil joue doucement sur les rails de l’entraide, cette pierre de touche de la foi que Marie ne cesse de protéger et de conforter.
Pour ce qui est du prix du voyage, il convient de dire que le train « Espérance » a bénéficié de fortes subventions de la part de la magnanimité divine, sans laquelle il aurait été immédiatement contraint au dépôt de bilan. Dieu pratique des prix très personnalisés et parfois, ses tarifs sont fortement réduits en fonction des aptitudes humaines et morales des voyageurs. Oui, comme pour Marie, il a posé sur nous son regard avec une tendresse infinie.
Sacrement des malades - Lourdes 2025
Rien n’aurait été possible durant notre pèlerinage sans le prix de la bonne volonté. Puissions-nous la préserver avec le secours de la sainte grâce et prions les uns pour les autres pour qu’elle demeure vive !
Avec mon souvenir le meilleur,
Patrick Koehler, aumônier
(article paru dans Notre Dame de la Voie n° 193 de septembre 2025)
[...] Les quais de Lourdes sont souvent baignés de joie. Dans la gare de l'Église, la vie palpite là où l’on s’active pour mettre en oeuvre l’entraide fraternelle. Sans cesse, des trains s’y mettent en marche à destination des détresses cachées de notre région, des personnes durement éprouvées ou laissées pour compte, mais aussi à destination du vaste monde secoué par d’innombrables détresses… Il y a des trains pour personnes dépendantes, pour gens suicidaires, pour parents isolés ou familles en grande difficulté, pour personnes âgées abandonnées, pour toxicomanes ou alcooliques. La générosité des gens est intacte. Elle donne vie à leur disponibilité. Certes, le réseau ecclésial d’entraide ne saurait couvrir tous les besoins.
L’important est qu’un esprit fraternel authentique préside à nos initiatives et que le coeur et le bon sens se conjuguent. La volonté des membres de l’Hospitalité Notre Dame de la Voie s’inscrit pleinement dans cette perspective. Elle est toujours le signe de ce monde nouveau voulu par le Christ et révélé par Notre Dame de Lourdes, qui suscite des mains tendues pour relever, accompagner et soutenir les blessés de la vie. Présents sur le quai de l’entraide, ils s’enquièrent spontanément des besoins de ceux qu'ils croisent : « Que puis-je faire pour vous ? »
L’avenir circule sur les voies ecclésiales. Les mains ouvertes et actives de l’entraide, et notamment les nouvelles hebdomadaires que notre présidente nous fait parvenir, sont pour beaucoup un réconfort. [...]
En me remémorant le dévouement et l’engagement des membres de l’Hospitalité lors du dernier pèlerinage, j’ai le sentiment que les rails de l’entraide sont le gage d’un pèlerinage heureux. C’est ainsi qu’il s’inscrit dans la volonté du pape François et que cette Année Sainte, placée sous le thème « Pèlerins d’espérance », ranime également notre sens de la solidarité : « Des signes d’espérance devront être offerts aux malades, qu’ils soient à la maison ou à l’hôpital. Leurs souffrances doivent pouvoir trouver un soulagement dans la proximité des personnes qui leur rendent visite et dans l’affection qu’ils reçoivent. Les oeuvres de miséricorde sont aussi des oeuvres d’espérance qui réveillent la gratitude dans les coeurs. Et que la gratitude atteigne tous les professionnels de la santé qui, souvent dans des conditions difficiles, exercent leur mission avec un soin attentif envers les personnes malades et les plus fragiles.
Qu’il y ait une attention inclusive envers ceux qui, dans des conditions de vie particulièrement pénibles, font l’expérience de leur faiblesse, en particulier s’ils souffrent de pathologies ou de handicaps limitant grandement leur autonomie personnelle. Le soin qu’ils reçoivent est un hymne à la dignité humaine, un chant d’espérance qui appelle l’action harmonieuse de toute la société. » (Spes non confundit)
Nul doute que notre pape François vivra avec nous, par la grâce de la communion des saints, notre pèlerinage à Lourdes. Dans la maison du Père, il affichera un sourire satisfait, car ses souhaits exprimés dans la bulle d’indiction se réaliseront. La proximité avec tous ceux que nous rencontrerons à Lourdes remplira leur présent d’une attention particulière. À travers elle, « puisse notre vie leur dire : « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur » (Ps 27, 14). Puisse la force de l’espérance remplir notre présent, dans l’attente confiante du retour du Seigneur Jésus-Christ, à qui reviennent la louange et la gloire, maintenant et pour les siècles à venir. » (Spes non confundit)
Patrick Koehler, aumônier
(article paru dans Notre Dame de la Voie n° 192 de mai 2025)
Chers amis,
Dans le train, quelle place préférez-vous ? Une place dans le sens de la marche ou, au contraire, une place pour regarder en arrière ? Chacune de ces positions a son charme. Dans le TGV qui relie la Jérusalem de la terre à celle du ciel qu’on appelle l’Église, fort nombreux sont ceux qui préfèrent voyager contre le sens de la marche, les yeux tournés vers le passé. Et ainsi ils donnent l’image d’une Église tournée vers le passé plutôt que vers l’avenir. Les expressions telles que « on a toujours fait comme cela », « autrefois, c’était mieux » ne trompent pas.
[...] Marie, Notre Dame, nous invite à regarder plutôt devant soi. [...]
Ainsi, cette chaîne du service se poursuit jusqu'à aujourd'hui, elle se poursuivra jusqu'à la fin du monde. [...]
Lors de son homélie prononcée le 15 août 2021, Mgr Aupetit l’affirmait : « Connaissez-vous le poème d’Aragon chanté par Jean Ferrat : “La Femme est l’avenir de l’homme” ? Je ne sais pas si ces poètes en avaient conscience, mais ils sont véritablement de grands prophètes. Le 15 août, nous fêtons notre avenir. C’est Marie qui accomplit ce que sera notre avenir. Quand le Christ reviendra, nous serons avec Dieu corps et âme, comme Marie. Comme nous l’affirme saint Paul : “Au retour du Christ les hommes ressusciteront. Tous recevront la vie.” Voilà pourquoi Marie est l’avenir de l’homme car son Assomption réalise notre vocation : celle d’aimer et de se laisser aimer plus profondément que le mal, le péché et la mort. Marie est notre chemin, “La première en chemin”, comme nous le chantons souvent. »
Malgré les retards habituels des trains sur le réseau Grand Est, il m’arrive de prendre ce moyen de locomotion depuis Colmar pour Strasbourg ou ailleurs… Il y a quelque temps, alors que le train avait été supprimé, je rêvais et je m’étais surpris à comparer la gare avec ces nombreux « trains » - plutôt des voitures - qui viennent et vont au sanctuaire de Thierenbach dont j’ai la charge. En un sens, le lieu du pèlerinage ressemble à une gare, et j’y assume en quelque sorte le service de chef de gare. En gare de la basilique arrivent des « trains » qui sont partis il y a quelques minutes ou heures, chargés de richesses et de pesanteurs du passé. Ils s’arrêtent avant de poursuivre leur route vers l’avenir. [...]
Le souvenir des trains de nuit est lointain, mais je ne peux oublier que brillait toujours une petite veilleuse. L’obscurité n’était jamais totale. Ainsi en est-il du plan de circulation élaboré par notre Seigneur… Il avait prévu que les tunnels de la détresse, des peines et du mal ne soient jamais interminables… Comment ne pas le bénir de telles largesses ? Comment ne pas le remercier pour Marie qui nous présente Jésus, la lumière du monde.
Que les paroles de saint Bernard nous donnent d’entrer dans le mystère des fêtes mariales avec enthousiasme. « Ô homme, qui que tu sois, qui dans cette marée du monde te sens emporté à la dérive parmi les orages et les tempêtes, ne quitte pas des yeux la lumière de cette étoile. Quand se déchaînent les rafales des tentations, quand tu vas droit sur les récifs de l’adversité, regarde l’étoile, appelle Marie ! Si l’orgueil, l’ambition, la jalousie te roulent dans leurs vagues, regarde l’étoile, crie vers Marie ! Si la colère ou l’avarice, si les sortilèges de la chair secouent la barque de ton âme, regarde vers Marie. Quand, tourmenté par l’énormité de tes fautes, honteux des souillures de ta conscience, terrorisé par la menace du jugement, tu te laisses happer par le gouffre de la tristesse, par l’abîme du désespoir, pense à Marie. Dans les périls, les angoisses, les situations critiques, invoque Marie, crie vers Marie ! Que son nom ne quitte pas tes lèvres, qu’il ne quitte pas ton coeur, et pour obtenir la faveur de ses prières, ne cesse pas d’imiter sa vie. Si tu la suis, point ne t’égares ; si tu la pries, point ne désespères ; si tu la gardes en ta pensée, point de faux pas. Qu’elle te tienne, plus de chute. Qu’elle te protège, plus de crainte. Sous sa conduite, plus de fatigue. Grâce à sa faveur, tu touches au port. Et voilà comment ta propre expérience te montre combien se justifie la parole : le nom de la vierge était Marie ! » (Lc 1, 27) (extrait de la deuxième homélie Super Missus est, 17).
Ne nous lassons pas de saluer Marie, les uns en communion avec les autres et pour les autres !
Patrick Koehler, aumônier

(article paru dans Notre Dame de la Voie n° 190 de septembre 2024)
Les photos parues dans la Lettre du lundi du 31 juillet m’ont replongé dans le temps de notre pèlerinage à Lourdes. Ce fut une période de notre vie donnée par Dieu pour vivre au rythme du ciel, c’est-à-dire au rythme de la communion avec lui, les uns avec les autres, le rythme du coeur qui bat pour les autres.
Pour les croyants et les incroyants, pour les dévots de Notre Dame comme pour ceux qui peinent à croire aux apparitions, Lourdes est un lieu unique et même indéfinissable. En apparaissant à Bernadette, Marie a offert au monde un endroit privilégié pour rencontrer l’amour divin qui guérit et qui sauve.
Durant notre séjour auprès de la grotte de Massabielle, nous étions invités à bâtir une chapelle. Une pèlerine de l’Hospitalité me confessait alors son scepticisme quant à un tel projet : « À quoi bon bâtir une chapelle sachant que trop souvent il en résulte un esprit de chapelle ! Et vous en conviendrez… Ce sont les esprits de chapelle qui fichent tout en l’air.» Je ne pouvais qu’acquiescer à l’expression de son bon sens. En effet, il n’y a rien de plus détestable qu’un esprit de clocher, un esprit de chapelle ! L’étroitesse de vues s’oppose au projet de Dieu qui embrasse dans un même élan toute l’humanité dont il est le père.
À Lourdes, la chapelle n’a ni mur ni vitraux ! Elle s’identifie tant avec le sanctuaire qu’avec la cité tout entière. Elle est une réalité dont les fondements sont l’apparition de l’Immaculée Conception à Bernadette et l’appel au bonheur !
@Sanctuaire ND de Lourdes
« Pour moi, Lourdes, ce n’est que du bonheur » me répéta un membre de l’Hospitalité au service des malades. Et Dieu sait que je le comprends. Marie elle-même y a trouvé son bonheur en rencontrant Bernadette. Marie a éprouvé ce même bonheur en nous voyant à la Grotte, dans les différentes chapelles où nous célébrions l’eucharistie tout comme à l’Accueil Notre-Dame. [...]
C'est dans ce contexte de foi que se sont gravées les fatigues des organisateurs et des serviteurs, mais aussi la souffrance de nos aînés qui se sentent diminués et acceptent l’aide des hospitaliers et hospitalières. J’ose espérer que très rapidement, une fois chez eux, ils aient pu reconstituer une part de leurs forces.
J’ai été ému d’entendre de la bouche d’une de nos aînées qu’elle voulait que son coeur reste accroché au rocher de Massabielle, allant jusqu’à dire que probablement c’était son dernier pèlerinage à Lourdes et d’ajouter « à la grâce de Dieu ». Elle me rappelait Bernadette pour qui la grotte était son ciel. Et pourtant, elle dut la quitter… mais elle y restait. Dans une lettre de juillet 1866 aux soeurs de l’hospice de Lourdes, alors qu’elle était déjà à Nevers, elle écrivait : « Je vous prie, mes bien chères soeurs, de vouloir être assez bonnes pour offrir quelques prières, surtout quand vous irez à la Grotte. C’est là que vous me trouverez en esprit, attachée au pied du rocher que j’aime tant. »
Cette Grotte, Bernadette y était attachée mais elle ne l’aimait pas plus qu’il ne faut. Elle n’était pas son Dieu. Pour réaliser la volonté de Dieu, elle s’en détacha comme nous… préférant la volonté de Dieu à tout… et disant un autre jour : « Lourdes n’est pas le ciel. »
Personnellement, je peine à me détacher de ce rocher à chaque fois que je dis au revoir à la Vierge. On n’y est que de passage comme on l’est sur cette terre. Un jour nous la quitterons et nous verrons Marie, et près d’elle tous ceux que nous aimons. Nous y contemplerons aussi l’univers que nous aurons tenté d’achever par le travail de nos mains.
À Lourdes, la Sainte Vierge invite chacun à considérer la terre comme le lieu de notre pèlerinage vers la patrie définitive, qui est le Ciel. En réalité nous sommes tous pèlerins, nous avons tous besoin de la Mère qui nous guide ; et à Lourdes, son sourire nous invite à aller de l'avant avec une grande confiance dans la conscience que Dieu est bon, que Dieu est amour. Et cette conscience est éclairée par la bonté de nos compagnons d’éternité qui nous font du bien lorsque nous les rencontrons.
Que tous ceux qui ont contribué à faire de l’édition Lourdes 2023 un pèlerinage heureux soient bénis par notre Maître et Seigneur. Je le lui demande avec insistance, uni à vous et bien entendu, à Marie, notre bonne Mère.
Patrick Koehler, aumônier
(article paru dans Notre Dame de la Voie n° 187 de septembre 2023)
André Baechle, hospitalier du Gard, a représenté notre famille cheminote aux obsèques de notre ancien aumônier qu’il a bien connu quand le père Kauffmann était curé de Grosbliederstroff, André étant président du conseil de fabrique pendant six ans.
André nous a relaté toute l’émotion qu’il a ressentie lors de la célébration des obsèques de Jean-Marie Kauffmann grâce à la chorale et à toutes les personnes présentes, notamment : une vingtaine de prêtres, des religieuses venues du Togo, un groupe d’anciens combattants d’Algérie…
André a pris la parole au nom de notre Hospitalité et de l’U.C.C.F. et a bien voulu nous confier son texte ainsi que la feuille de messe pour les partager avec vous. Merci André !

Lourdes, 20 juillet 2014
- - -
Je prends la parole au nom de l’Union des cheminots catholiques français et de l’Hospitalité Notre Dame de la Voie. Ces deux associations accompagnent des pèlerins et malades en pèlerinage à Lourdes tous les deux ans. Elles ont chacune un prêtre accompagnant.
Jean-Marie Kauffmann avait accepté en 2011 d’être « l’accompagnateur spirituel » de l’Hospitalité Notre Dame de la Voie. Il a assumé cette responsabilité jusqu’en 2021.
Il serait trop long de résumer ici ces dix années. Nous tenons en toute simplicité à marquer notre présence aujourd’hui avec vous toutes et tous qui l’avez connu ou approché dans sa vie de prêtre engagé au service de tous, pour proclamer la bonne nouvelle de l’Évangile.
Chacun de nous gardera un souvenir personnel des instants partagés avec lui à Lourdes ou dans nos régions, mais pour nous tous, il a été un homme de foi, humble, généreux, attentif et proche de tous les pèlerins, malades, et hospitaliers et hospitalières.
Il aimait beaucoup notre mouvement cheminot et nos pèlerinages à Lourdes, où il savait allier les moments de recueillement, et les moments de joie. Sa bonne humeur était communicative.
Pour terminer, je vais partager avec vous la prière qu’il avait choisie pour notre bulletin de janvier 2021, qui résume bien sa pensée, la perception qu’il avait de sa mission au sein de l’Église et plus largement dans notre mouvement.
Cette prière de Jeanine Dubois s’intitule « Tu es à mes côtés ».
Mon Dieu,
Il y a des jours où je ne sais pas où tu m’amènes et, cependant, je sens que tu me tiens la main et que tu ne me lâcheras pas. Tu me l’as tellement prouvé ! À deux reprises, j’ai été sur le point de te retrouver. C’est du moins ce que disaient les médecins. Et je suis toujours là ! Je pense que je n’étais pas prêt(e) ! Oh ! non, pas prêt(e) du tout. Je pense que toutes les épreuves que j’ai subies sont autant de grâces que tu m’as accordées.
Aide-moi à toujours conserver l’espérance. Aide-moi à voir tout autour de moi ces mains qui se tendent, aussi bien pour donner que pour recevoir.
Aide-moi à te retrouver dans des visages qui m’entourent. Donne-moi la patience qui me manque souvent. Aide-moi à toujours faire preuve de charité. Et puis, à ma place, aide-moi à toujours être témoin de l’Évangile.
Si je tombe, mon Dieu, aide-moi à me relever et à repartir d’un pas plus alerte que jamais et cela, jusqu’à l’heure de ma mort. Il n’y a que toi qui puisses m’aider. Toi seul sais à quel point ! La solitude, ça n’existe pas lorsque l’on croit en toi. Je sais que je peux tout te dire, que tu me guideras, que tu m’éclaireras comme un père qui n’abandonne jamais son enfant et qui le protège à tout instant. Aide-moi à toujours avoir foi en toi.
Je te demande beaucoup, mais j’ai oublié l’essentiel : merci, mon Dieu, d’être toujours près de moi.
Merci Jean Marie pour tout ce que tu nous as transmis et apporté….
Sur le seuil de sa maison,
Notre Père t'attend,
Et les bras de Dieu
S'ouvriront pour toi.
Quand les portes de la vie
S'ouvriront devant nous,
Dans la paix de Dieu
Nous te reverrons.
André
(Extrait de Notre Dame de la Voie n° 184 - Septembre 2022)
NDLR. : Le chanoine Patrick Koehler a rejoint notre Hospitalité en qualité d'aumônier en début d'année 2022, succédant à l'Abbé Jean-Marie Kauffmann [...]. Notre récollection de mars 2022 au Sacré-Coeur de Montmartre était la première rencontre officielle avec notre nouvel aumônier que nous remercions bien fraternellement d'avoir accepté cette fonction d'accompagnement spiribuel. [...]
Quelle belle rencontre que celle vécue furtivement à Montmartre avec vous, chers amis, membres de l’Hospitalité de Notre-Dame de la Voie. J’admire votre attachement à cette belle institution. J’y vois le bras agissant de la Vierge Marie, santé des malades et secours des chrétiens. En effet, qui s’occuperait des souffrants si vous n’étiez disposés à le faire ? Qui porterait secours à ceux qui sont marqués dans la chair par les limites physiques liées à l’âge ou à la maladie ou encore à un accident de la vie, lors du pèlerinage des cheminots à Lourdes ? C’est vous dire combien votre service est précieux aux yeux de Dieu et source de joie pour ceux qui en bénéficient. [...]
Chers amis lecteurs, n’ayons de cesse d’aller vers les autres. Non pour nous affirmer mais au nom de notre vocation humaine et chrétienne : celle d’être utile aux autres dans une attitude de service et de don de soi. Le mouvement qui nous pousse vers les autres pour les aider est le fruit de Jésus présent dans le cœur, de Jésus qui accomplit en moi le salut et qui donne sens aux événements de la vie. Ce mouvement - celui d’aller vers les autres- est le mouvement même de Dieu qui rejoint les hommes sur les routes de leur vie. Le souvenir de la rudesse du curé Peyramale et de l’attitude de la petite Bernadette ne peuvent que nous inciter à entrer dans la logique de l’Évangile relayée par l’apôtre Paul : « Agissez en tout sans murmure ni contestation » (Ph 3, 14). [...]
Je suis heureux de savoir que Lourdes, la Grotte, les chapelles servent ces relations humaines et leur donnent d’être des relations réussies. C’est bien le commun attachement à la Vierge Marie qui permet de goûter la joie d’être frères et sœurs, c’est bien l’amour pour Notre-Dame qui continue d’animer les liens entre hospitaliers même aux heures de fatigue et d’épreuve. Oui, cette confiance en Marie favorise la bonne foi, celle qui l’animait durant toute son existence terrestre et qui est devenue le berceau de paroles de vérité. Ces dernières induisent un dynamisme capable de créer entre nous la profonde communion des cœurs vécue par Marie et Bernadette, et par la suite par Bernadette et son curé, l’abbé Peyramale.
En ce mois de Marie, le mois le plus beau, comme nous le chantions naguère, risquons la rencontre en allant vers les autres… pour leur dire qu’ils ont du prix aux yeux de Dieu et à nos propres yeux ! Dieu vous soit en aide.
Votre dévoué, Patrick Koehler, aumônier.
(Extrait de Notre Dame de la Voie n° 183 - Mai 2022)
Chers Amis,
Du 17 au 19 juillet 2017, l’Hospitalité Notre Dame de la Voie a vécu un jubilé exceptionnel à la suite des cheminots actifs qui, en 1947, ont pensé qu'il fallait créer une hospitalité pour les cheminots âgés, malades, handicapés qui, tout comme les bien portants, avaient besoin de vivre les grâces de Lourdes le temps d’un pèlerinage...
Les participants à ce jubilé ont d'abord rendu grâce pour ce premier accompagnement de cheminots malades à Lourdes et ont prié pour les pionniers de notre Hospitalité. Puis ils ont porté dans leurs prières nos frères et sœurs âgés, malades, handicapés, qui, grâce aux hospitaliers, peuvent vivre notre pèlerinage national à Lourdes tous les deux ans. Ils ont aussi porté dans leurs prières tous les hospitaliers absents pour une raison ou pour une autre.
[…] Vous, membres de l’Hospitalité Notre Dame de la Voie, vous savez combien la Vierge Marie anime vos vies et vos actions. Alors, toutes les fêtes de la Vierge Marie qui égrènent nos vies nous aident à vivre avec et par Elle, et nous aident à consacrer nos vies à Marie comme vous l'avez fait lors du jubilé […] à Lourdes, en confiant à la Vierge celles et ceux qui vous ont demandé de prier pour eux.

Alors pourquoi est-il essentiel de se consacrer à Marie ?
Lire la suite : Pourquoi est-il essentiel de se consacrer à Marie ?